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SECONDE PARTIE.
Le 8 Novembre 1510 le Grand Conseil présidé par PelcrmannFaucigny, se transforma en cour de justice, et Gaspard Scliinner,châtelain de Sion, comparut au nom de l'Evêque, son frère,pour accuser Supersax comme un homme diffamé et parjure(aïs ein ehrloser und meineidiger Ilosewicht). Celui-ci demandal’assistance de deux Conseillers : on ne lui accorda qu’un parlier(rapporteur), et comme personne ne voulut se charger de ces fonctions,on les imposa à François d’Arsent, ancien Avoyer. Dès que l’Evéquede Sion en fut instruit, il essaya de suborner d’Arsent en lui pro-posant pour son fils mille ducats de revenu annuel, s’il voulaitabandonner la cause de Supersax. Celui-ci appuyé par les dixainsde son parti, sollicita en vain son élargissement sous caution.Son adversaire encouragé par les dispositions partiales des juges,l’accusa : 1° d’avoir parlé et agi contre son Souverain naturel:2° d’avoir provoqué, à l’insu de celui-ci, un traité d’alliance entrele roi de France et le Valais, et d’avoir excité quelques dixainsà la rébellion ; 3° d’avoir ourdi une conspiration avec des soldats ;4° d’en avoir enrôlé plusieurs, malgré la défense des autorités;5° d’avoir arrêté et maltraité l’ambassadeur de France, au méprisdu sauf-conduit fédéral ; 6° d’avoir fait dépouiller par ses sol-dats un envoyé du Duc de Milan; 7° d’avoir, en qualité de com-missaire du Gouvernement, commis de nombreuses exactions dansles pays conquis et s’être emparé de plusieurs propriétés fiscales.
Gaspard s’offrit à prouver tout ce qu’il avançait par des piècesjustificatives et des témoignages authentiques. Il finit par demanderqu’on lui permit de se constituer prisonnier jusqu’à décision decause.
On décida que préalablement les deux parties jureraient, entouchant le bâton de justice, d’observer tout ce qui serait or-donné par le Grand et le Petit Conseil. Supersax objecta que,d’après le droit et les usages du pays, la justice ne devant êtreadministrée que par les 24 Conseillers, il ne croyait pas que pour