CHAPITRE III.
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le cas qui se présentait, on dût introduire une nouvelle formejudiciaire.
Non-obstant cette protestation, il fut forcé de se soumettre àce nouveau mode, mais il obtint que son accusateur serait gardé,comme lui, à la Maison-de-ville, et qu’on lui accorderait huitjours pour préparer sa défense*.
Au terme fixé, il comparut avec son adversaire devant le tri-bunal. Il fit d’abord sentir combien, dans le cas en question,étaient déplacées les longueurs et surtout certaines expressions dudiscours de sa contre-partie. Puis, abordant le fond du procès,il dit préliminairement que l’Evêque Schinner avait refusé de luifaire droit contre ses censitaires; que, tandis qu’on lui avait ac-cordé 12 hommes pour sa sauve-garde, l’Evêque en avait faitvenir 200 d’Uri et d’Underwalden pour le molester,; ce qui étaitprouvé par nombre de lettres dont il était dépositaire; qu’il n’a-vait jamais distrait un denier de tout l’argent que le Pape avaitenvoyé pour lever des recrues ; qu’enfin, contre toute forme dedroit, l’Evêque, de sa seule autorité, avait fait emprisonner leDoyen actuel du chapitre de Sion (frère de Supersax), l’avait privéde la faculté de se défendre à l’aide d’un avocat et condamnésans l’entendre. Sur quoi le Doyen ayant porté ses plaintes à l’Ar-chevêque de Tarentaise, fut mis au ban de l’Eglise. Passant de làaux chefs d’accusation portés contre lui, Supersax dit :
1° Que l’on ne pouvait être ni jugé ni puni d’après le droit etles usages de Fribourg, pour des faits arrivés en d’autres pays.
2° Qu’il existait, il est vrai, un traité avec la France, mais que cetacte même fesait voir quelle part il pouvait y avoir eu. Quant aux in-trigues et aux pensions, ilavaitscrupuleusementsuivil’exemple donnépar l’Evêque, dans ses négociations avec le roi des Romains ; que,quoiqu’il fut en droit de décliner la compétence du tribunal, par
1 Rathserkantniss fol. 30 et scq. À. C.