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SECONDE PARTIE.
relenir l’autre, avant l’issue du procès? C’était pousser la partialitéjusqu’au cynisme.
Qu’on ne dise pas qu’en servant la cause du Pape et de l’Evê-que de Sion, le (iouvernement croyait en. même temps servirl’Eglise et la religion. S’il .en avait été ainsi, on n’aurait pas vule curé de ville, l’Abbé d’IIauterive et une grande partie du clergéprendre fait et cause pour les prévenus.
Par une copulation monstrueuse, dans le second procès, lesjuges sont à la fois dénonciateurs, accusateurs, instructeurs, té-moins et parties. Ni calme, ni ordre, ni dignité. Point d'inter-rogatoire, point de défenseur, point de publicité. Nulle recon-naissance pour les services rendus, pas le moindre respect pourl’imposante majesté de l’infortune. Un tribunal exceptionnel, uneprécipitation calculée, une sévérité inexorable. Et, ce qu’il y ade plus révoltant, sous l’égide de la loi, la vengeance personnelleaiguisant son poignard contre la victime !
Arsent avait sans doute manqué à son devoir en trempantdans le complot ourdi pour favoriser l’évasion de Supersax. Maisil y avait loin de celle faute à lin crime digne de mort. On aprétendu, et nous l’avons avancé nous-même 1 sur la foi d'unechronique, qu’on avait fait valoir contre Arsent l’article de laIlandfesle, qui fesait peser sur l’Avoyer la responsabilité d’unprisonnier confié à sa garde. C’est une erreur que nous rétrac-tons. Arsent n’était plus Avoyer lorsque Supersax lui fut confié,cl il fut chargé de sa défense, non de sa garde.
Ce que l’on comprend encore moins, c’est ce soulèvementunanime de la bourgeoisie, cette animosité du peuple, dans uneaffaire qui, au fond, le touchait assez légèrement. Car peu luiimportait que Schinner ou Supersax triomphât dans le Valais, etla suite des événemens a prouvé que l’alliance du l’apc ne lui
* Première Partie, pag. 30.