CHAPITRE VI.
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force i. On pouvait appliquer aux liabitans des bailliages mixtes cequ’un auteur dit, avec poésie, des bergers des petits Cantons:« qu’ils repoussaient ces livres, ces savantes disputes, cette reli-» gion, pénible échafiaudagc construit sur des explications de» mots et sur des démonstrations logiques. Les perfections invi-» sibles de Dieu et sa divine bonté leur paraissaient écrites en ca-» ractères plus lisibles dans l’arc-en-ciel réfléchi sur la cataracte ,» dans la magnificence des glaciers salués d’un dernier rayon du» jour, et à la face du ciel étoilé qui, se déroulant à l’beure des» bruits mourans du soir, vient envelopper la terre de silence, de» paix et de repos a . »
De cette violence faite à l’opinion religieuse, tantôt dans unsens, tantôt dans l’autre, résultait, dans les bailliages communs,un conflit perpétuel de juridiction, et les liabitans flottaient per-plexes entre les volontés opposées des deux Etats co-Seigneurs.Ainsi le Bourgmaître et Conseil de Moral écrivirent un jour à Mes-seigneurs de Berne, que Fribourg s’opposait à ce que le bailli deMoral, Rodolphe d’Erlacb , imposât l’amende prescrite par l’éditde réformalion à des paysans d’Ulmitz, qui étaient allés entendrela messe à Cormondes. Le village de Gy, près de Granson , ayantadopté la réforme, sous les auspices des députés bernois , en l’ab-sence des nôtres qui, selon Ruchat, ne se trouvèrent pas sur leslieux au jour fixé , Fribourg éleva des réclamations. Berne , de soncôté, se plaignit du vieux bailli Reiff, qui avait voulu, de son auto-rité privée, faire repasser à Concise la question religieuse à la plu-ralité des sullrages. Lue conférence eut lieu à ce sujet, le 28 maisuivaut, où Jean Gouglcnberg et Jean Lanlber, Conseillers deFribourg, assistèrent comme arbitres.
i Ruchat convient que, malgré une apparente docilité, le cœur des convertisétait toujours calholique. Ainsi, le major de Lulrv ayant réclamé du Conseil uncalice que ses ancêtres avaient donné à l'église du iien , et sur lequel étaient gra-vées les armes de sa maison , on le lui remit, à condition qu’il serait rendu à l’é-glise , si jamais le culte ancien s'v rétablissait. Alblingen n’embrassa la réforme queforcément. — 5 Vulliemin.