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Seconde partie.
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CHAPITRE VI.

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Ah milieu de ces agitations extérieures, le Gouvernement neperdait pas de vue la question religieuse et continuait à sévir avecrigueur contre les moindres atteintes portées au culte c ' " e.Toute parole indiscrète à cet égard était sur-le-champ punied’une amende plus ou moins forte, et un grand nombre de per-sonnes eurent à expier le tort d’avoir mangé de la viande encarême 1 , ou joué les jours de grandes fêtes. On ne laissa pas demettre en délibération si, pour le bien de la paix, il ne conviendraitpas de se relâcher un peu de cette sévérité et d’adopter un systèmede tolérance.

Quand cette question d’une haute gravité fut débattue en GrandConseil le 1" Août 1542, 84 membres s'efforcèrent de fairetriompher les inspirations d’une politique indulgente 3 . Mais lamajorité décida que nulle concession ne serait faite et qu’un nou-veau serment de fidélité serait prêté au mandat de religion ; enville, le jour de St. Laurent, et, dans chacune des paroisses de l’an-cien territoire, le jour de la St. Barthélemy- Le parti de l’oppo-sition fut mal jugé depuis. On a inféré de leur vote que cesmembres étaient personnellement peu attachés au culte catholique.Mais leur opinion n’avait point cette portée. Ils se bornaient àdésapprouver le décret qui obligeait tous les ressorlissans immé-diats du Canton à le pratiquer, sous peine de bannissement. Ils vou-laient laisser à chacun pleine liberté religieuse. Peut-être eneussent-ils profilé, surtout à cause des mariages qui se contrac-taient fréquemment entre les ressortissaus des deux Cantons. Quoiqu’il en soit, tous prêtèrent le serment, le 10 Août dans l’églisede St. Nicolas; trois membres du Conseil seulement ne s’y trou-vèrent pas [qui oh arctas nécessitâtes adesse non polerunt ),savoir : Brandenbourger, Lanlher et Hermann. Le premier était

1 Au trésorier , au bannerel Kauneugiesscr, au chancelier, au grand-saiilier, ausecrétaire de droit et à M. Peler RiiUo , à chacun 5 écus pour rechercher les man-geurs de viande. A peine la femme de M. lilmann Techlermann put-elle ohlenir,<lans sa maladie, la permission de manger des œufs en carême. A. Ih Comptesdu trésorier pour 1543 et 1541». — Voy. pièces juslif. N° XII.