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Seconde partie.
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CHAPITRE VI.

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Celte concentration de troupes étrangères en Piémont, tint lesdeux Cantons en échec, pendant tout le courant de cette année(1540). D’autres démonstrations se fesant en Franche-Comté, ilsdécidèrent une nouvelle levée en décembre, pour défendre lesfrontières du pays de Vaud. ün en fut quitte pour les préparatifsde cette double expédition.

Cependant l’orage de la réforme grondait toujours. Elle avaitpénétré dans le Valais, où nous envoyâmes à ce sujet une dépu-tation. Le danger permanent, qui nous menaçait, rendait notreEtat si défiant contre toute innovation, que, bien qu'il eût insistésur la convocation d’un concile général, il refusa ainsi que lesautres Cantons catholiques d’assister à celui de Trente, trouvant,dit-il, qu’il n’y avait rien à changer à l’ancienne foi C C’est sansdoute à cette défiance, que se rattache le bannissement du maîtred’école Salat. Le prédicant le Comte était accueilli par quelquessommités fribourgeoises, non sans danger pour le maintien de lareligion catholique. Il dédia à leurs Excellences un livre fortétendu, intitulé : les démégories du Comte d’Ëstaples, sur tous lesdimanches de l’an, les sacremens, le mariage, les trépassés(1549)2.

La Savoie insistait sur la restitution du pays de Vaud. Le refusfut formel, et Fribourg déclara catégoriquement que non-seule-ment il garderait ce qui lui était échu , mais qu’il soutiendrait Bernedans la conservation de ses conquêtes 3. C’est peut-être à l’oc-casion de toutes ces circonstances plus ou moins menaçantes, queMesseigneurs ordonnèrent cette année deux processions en dé-cembre, à l 'honneur de notre Père cêlesté; l’une aux Corde-liers, l’autre à la croix de Miséricorde*.

La communauté des bailliages était une cause permanente doconflit entre Berne et Fribourg, et la bonne intelligence fut de nou-veau troublée au sujet de Granson, où il s’agissait de faire passer

1 Ruihat. — a Ibid. — 3 Ibid. — 4 A. C.