CHAPITRE VI.
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Quand le roi de France entra en campagne contre l’Empereur,Jost Frytag, notre Conseiller, fil partie de la députation fédérale,qui alla solliciter un nouveau terme pour la neutralité de laFranche-Comté (1552).
Cette même année, le Conseil secret, qui avait été supprimé, futrétabli, avec plein-pouvoir de faire, ordonner et négocier ce qu’iljugerait de plus utile à la république, sans responsabilité aucune.Il pouvait aussi recruter à volonté. Cette espèce de dictature futétablie pour parer aux dangers dont on était menacé du côté del’Alsace, aux frontières de laquelle se massaient des forces fran-çaises imposantes. On n’était guères plus tranquille du côté del’Allemagne. On avait acquis des preuves certaines que l’Em-pereur avait l’intention de réintégrer la Savoie dans ses anciennespossessions du Pays de Vaud 1 .
L’ordre fut donné à tout le pays de se tenir prêt à marcher.On fit même une levée de troupes pour la France, et cette com-pagnie fut placée sous les ordres du capitaine Cléry. Son frère luifut adjoint comme lieutenant et Nicolas Praroman en qualité deBanneret. On défendit, sous peine de mort, à tout capitaineétranger de recruter dans le pays 2 .
Berne, Fribourg et Soleure avaient sur la Thurgovie des pré-tentions que leur contestaient les co-Etats. Le tribunal des arbitresfédéraux avait décidé que ces trois villes devaient résigner leursdroits, chacune pour 2000 flor., ou renoncer à l’exercice de lajuridiction, en ne se réservant que les droits de Landgericht et
1 Ce fut à la mémo époque, qu’on sollicita de lui la permission de retirer des sa-lines de Salins, 40 charges de sel par semaine; plus, une pension de cinq chargesde sel pour notre bourgeois François .Meyer, qui avait remplacé, dans celte négo-ciation , feu l’Avoyer Praroman. — 2 Quand , l'année suivante, on apprit les succèsdes Suisses en Picardie, le trésorier llcyfT dicta au secrétaire du Conseil, que cinqjours auparavant (vendredi 4 nodt 1553), à dix heures du soir, on avait vu au cieldeux armées en bataille, entre lesquelles se tenait un homme de haute stature.A. C.
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