308
SECONDE PAIITIE.
Pavillard, à la tète d’une compagnie l'ribourgeoise, s’était mis,dès 1602, à la solde du Duc d’Urbin. D’autres allèrent en Hon-grie combattre les Turcs. Nous avions précédemment accordé àl’Espagne 50 arquebusiers et 2 capitaines pour le service desPays-Bas. On enrôla aussi pour le Prince d’Orange, qui deman-dait 15 hommes pour garder son château d’Orange, et 25 poursa personne. Enfin on trouve plus tard un capitaine Lenzbourgerdans le camp de Tilly, dont les troupes menaçaient alors les fron-tières septentrionales de la Suisse. Seulement il fallait bien segarder d’entrer au service des réformés. Claude Dupaquier futpuni pour avoir servi sous le Prince Maurice de Saxe. D’autresGruyériens furent cités pour le même objet.
La rivalilé des deux cultes compromettait chaque jour, non-seulement le repos de chaque Canton en particulier, mais la paixde toute la Confédération. L’imprudence du Sire de Beroldingenprovoqua, en Thurgovie, des excès déplorables, qui mirent lesdeux partis en émoi. Déjà on se préparait à tirer l’épée; les Can-tons médiateurs et l’ambassadeur de France parvinrent à calmerles esprits (1610).
Il faut s’étonner qu’au milieu de ces susceptibilités religieusesl'affaire de Chapelle, dans notre Canton, n’ait pas eu des suitesfâcheuses. Quelques soldats bernois traversant cette localité, l’und’eux s’arrêta devant le crucifix, demandant quel était ce gibet etexprimant le désir que tous les Fribourgeois pussent un jour yêtre attachés. Il déchargea en même temps son fusil sur le Christ LL’enquête ordonnée à ce sujet n’amena heureusement aucunecomplication grave (1611). Déjà, l’année précédente, on avaitété dans le cas de demander des explications à Berne, au sujetde quelques propos offensans contre Messeigneurs 2 . Toutes cespetites tracasseries ne laissaient pas de relâcher les liens qui
i La balle fui retrouvée. Le bailli fut sévèrement réprimandé pour n’avoir pasfait sou rapport sur ce fait. — * A. C.