CHAPITRE IX.
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eussent dû unir Berne et Fribourg, dans un intérêt commun. Ons’cn aperçut bientôt, lorsque l’incorrigible Duc de Savoie renou-vella ses tentatives contre Genève et le Pays de Vaud. Elles furentsi sérieuses, que Berne mit toutes ses troupes sur pied, en récla-mant notre assistance. On se borna à en promettre en cas de dan-ger pressant (1612). L’année suivante P. Freudenreich et Mar-quard Zehnder, députés bernois, vinrent une seconde fois récla-mer la surveillance fédérale, Berne se trouvant menacée d’un autrecôté par l’Evêque de Bâle, qui s’opposait .au renouvellement decombourgeoisie entre Berne et le Porrentruy. Toutefois les hosti-lités n’éclatèrent nulle part. L’Evêque se désista de son opposi-tion et le Duc, voyant enfin que toutes ses tentatives de conquêteéchouaient, non-seulement renonça à ses prétentions, mais se liamême avec Berne et en obtint un régiment contre l’Espagne. Iln’en fit pas autant pour nous, car il prit encore longtemps le titrede Comte de Romont.
L’Allemagne et la Suisse étaient alors décimées par une épidé-mie meurtrière, qui y sévit pendant plusieurs années consécutives.A peine Fribourg s’était-elle relevée de celle qui l’avait dépeuplée50 ans auparavant, qu’une nouvelle y éclata tout-à-coup, en1611 , dans deux maisons de la capitale, puis successivement àRomont, Gruyères, Avry-sur-Matran, Planfayon, etc. L’annéesuivante, ce fut la rue de Lausanne qui se trouva la plus compro-mise. De là le mal se promena sur tous les quartiers de la ville etsembla vouloir y siéger en permanence. Depuis la fin de 1612jusqu’en 1616, il enleva 650 personnes, entre autres TobieGottrow, Bourgmaître et capitaine L II y eut encore une forterecrudescence en 1639, pendant laquelle le chapelain Jeckelmanse distingua par son zèle.
1 L'Avoyer Jean Wild mourut en 161-i. J’ignore s’il fut victime de ce fléau ets’il méritait l’éloge pompeux que nous en a laissé son parent, le vico-ChaiieelierDaniel Monlcnacb. On peut le lire en tête du inanual de celle année. Il commenceainsi : Jaces Friburgi decus-coruscum, nobis prœcoci fato subreiilutn , etc.