CHAPITRE IX.
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La votalion eut lieu le 12 août, en faveur de la réforme. Vinfft-quatre ménages, contre six, décidèrent que la messe serait abolie,les images abattues, ainsi que les croix, cet antique et touchantsymbole du plus sublime dévouement. A Polliez, la majorité futplus grande encore : l’opposition ne compta que quatre catholiqueset un luthérien. La profanation de l’église suivit de près. On pro-posa au curé une place de prédicant, et, sur son refus, sou traite-ment fut supprimé.
A Assens, par contre, la votation ne présentait pas de chancesaussi favorables à la réforme. Aussi les Bernois n’insistèrent-ils paspour qu’elle eut lieu, dans l’espoir qu’il se présenterait une occa-sion plus opportune. D’ailleurs, ce village ne demandait pas le plus,bien qu’on y eût appelé des Lausannois qui y possédaient despropriétés.
Liés par des traités dont le texte les frappait d’impuissance, nosdéputés, pendant ce triste drame, durent se borner à de vainesprotestations. Les Bernois répondirent en s’appuyant sur ce texteet sur ce qui s’était passé précédemment à Orbe , Granson et Mo-rat. Fribourg porta la peine de la faute commise en 1538 et desa trop généreuse confiance dans le sur-arbitre réformé, qui avaitprononcé en faveur de Berne en 1554. Aussi, dit le manual, enrépondra-t-il devant Dieu au jugement dernier.
Les députés bernois, joignant la dérision à l’ivresse d’untriomphe facile, ne voulurent point quitter le champ de bataillesans porter un toast à ces rivaux, avec lesquels ils venaient d’é-changer tout-à-l’beure des paroles si amères. Nos députés durentencore subir l’humiliation de boire un coup 1 avec eux.
Telle fut l’issue de cette fatale journée qui aliéna deux beauxvillages au catholicisme et donna un dangereux exemple auxautres localités de ce bailliage. Cette nouvelle déchéance de l’an-
1 Termes du manual.