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SECONDE PARTIE.
imprudence, mit le feu à une masse de poudre. L’explosion litsauter sa demeure : présage sinistre des maux que le fanatismeallait attirer sur la patrie L
Il secouait ses torches iucendiaires sur tous les points du solfédéral, agitait toutes les consciences, et telle contestation, quieût été facilement aplanie en temps ordinaire, puisait dansles antipathies confessionnelles un caractéro de haute gravité.Les querelles se multipliaient, surtout entre Frihourg et Berne,et entretenaient une irritation qui allait toujours croissant.Il faut bien le dire : c’était Berne qui prenait presque tou-jours l’initiative des taquineries les plus ignobles. Ainsi, les vinsque nous achetions en Savoie, ne pouvaient pas traverser lepays de Vaud, sans payer un droit de transit. Nos ressortissans,qui passaient par le territoire bernois, étaient exposés à toutessortes d’avanies. Deux prédicans ayant été arrêtés à Soleure (1629),les Bernois usèrent de représailles sur deux capucins frihourgeois.Un jour, le bailli d’Oron fondit, à la tète de 100 hommes armés,sur le bois de Sévaz 2 , que revendiquaient les Bernois, et yabattit une quarantaine d’arbres. Je passe sous silence une fouled’autres tracasseries. On se croyait chaque jour à la veille d’unerupture ouverte.
Les affaires de la Valleline occupèrent encore la Suisse pen-dant l’année t626, jusqu’à l’acceptation du traité de Monçon parles députés des sept Cantons catholiques assemblés à Soleure, le4 janvier 1627. Berne déploya, dans ces circonstances, beau-coup d’énergie, tandis que Fribourg conserva une attitude pas-sive. C’est qu’il s’opérait depuis longtemps, au sein de notre Ré-publique, un travail d'incubation, lent et progressif, qui finit parenfanter le patricial. Ce fut en < 627 que la délivrance eut lieu-
1 La dépense faite, en ville et à la campagne, à l’occasion de cette fête, s’élevaà W55 liv. 18 sous, presque entièrement pour les divers repas qui eurent lieu dansd’autres auberges que le Chasseur. — 2 Entre Attalens et Cliâtel.