CHAPITRE IX.
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Avoycr, avait montré de bonne heure un goût prononcé pour lavie aventureuse des camps et la carrière déjà suivie par sonpère et son aïeul. Tout-à-coup on apprend qu’il sert en Autriche,en qualité de lieutenant-colonel dans le régiment de Lodron. Sesrelations avec sa patrie devinrent, dès ce moment, plus fréquentes.Il setait enrichi à la prise de Mantoue. Ce fut lui qui força lesSuédois de lever le siège de Constance. Il nous avisait secrètementde tous les mouvemcns de leur armée campée aux frontières de laSuisse. En 1630 il fit une espèce d’entrée triomphale à Fribourg,accompagné de plusieurs bourgeois récemment anoblis. On le re-çut, comme Ileid, aux salves de l’artillerie et presque avec lesmêmes honneurs qu’on eût rendu à un Prince suzerain, tant leprestige de la gloire militaire fascinait alors les peuples. P. Konigsut en tirer profit pour conquérir une espèce d’indépendance per-sonnelle et braver des usages religieux, alors généralement res-pectés. Sa maison était desservie par des réformés, il faisait grasI en carême et souffrait que ses fermiers de Grangetles en fissentautant, au grand scandale de la ville. L’autorité dut intervenir,j sans toutefois trop gêner l’orgueilleux homme de guerre. On nei permit l’infraction de l’abstinence qu’à lui seul et en secret, à l’ex-clusion de toutes les autres personnes de sa maison, sous peine de30 écus d’amende. Konig s’était justifié du soupçon d’hérésie, enprouvant qu’il avait constamment servi des Princes catholiques,pendant 23 ans.
Nommé plus tard Gouverneur de Lindau, il défendit longtempscelte place ; mais s’étant brouillé avec le général Ossa, et celui-cil’ayant accusé d’avoir voulu attenter à ses jours, il fut arrêté,avec son secrétaire Antoine Python, puis enfermé seul dans lefort d’Ehremberg en Tyrol, sous la garde des paysans. L’Etat deFribourg se donna beaucoup de peine pour obtenir son élargisse-ment, par l’entremise de l’Archiduchesse Claudia et celle de tousles Cantons catholiques. Le Chevalier Montenach fut envoyé à ce