Band 
Troisième partie.
Seite
298
JPEG-Download
 

298

TROISIEME PARTIE.

que les principaux griefs des communes se réduisaient, fin decompte, aux trois suivants : 1° le transport des fêtes aux dimanches;2° la restriction apportée aux processions; 3° l’abus des corvées L

Les procédures criminelles furent closes le 21 Juin. Cinq in-dividus furent condamnés à mort, savoir: Rossier, Chappuis,Sudan, Barras et Huguenot. Cette peine fut commuée, et, pendantque le Grand Conseil délibérait sur le genre de commutation, Odetproposa brusquement d’envoyer Rossier, Sudan et Chappuis auxgalères pour la vie durant, sans grâce et sans audience 2 . C’estainsi, dit Diesbach dans ses mémoires, que la république de Fri-bourg était peut-être le seul souverain de l’univers qui se liât lesmains, au point de ne pouvoir faire grâce à volonté. Le premier,vu sa jambe très-malade , fut toutefois condamné à une prison per-pétuelle. Quant aux chefs contumaces, Castella, Raccaud et lechirurgien Dupaquier, ils devaient être exécutés en effigie. Onreconnut pour Gremion des circonstances atténuantes, entr'autresla promesse que lui avaient faite les officiers bernois, le jour de lasortie de la garnison.

Ce jugement collectif révolta quelques membres, entr’autresDiesbach et Boccard, qui réclamèrent; mais le petit Pensier, te-nant son pater , disait aux bannerets : continuons. D’autrescriaient : Herr Venner , fahret fort.

Odet voulut bien consentir à n’infliger qu’un bannissement per-pétuel à Barras, eu égard à son imbécillité, avec une année desonnettes 3 préalable, pour, le cas échéant, pouvoir le confronteravec les fugitifs qu’on saisirait.

Huguenot, qui n’avait pas encore prêté le serment de juré, etque Chenaux et Rossier avaient menacé de mort, s’il ne gardait lesecret, fut condamné à 30 ans de galères.

4 Archives bernoises. — 2 Les bannerets invoquèrent cette clause, lorsque lemalheureux Sudan demanda une commutation de peine — 3 Maison de force.