CHAPITRE X.
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Chaque phase de la révolution française était saluée par desapplaudissements ou des regrets, selon la sympathie des partisopposés. Ainsi, tandis qu’à Berne et à Fribourg les réactionnairesdéploraient l’arrestation, à Varennes, du roi parjure, les pa-triotes de ces deux cantons s’en réjouissaient. Morges, Nyon etmême Lausanne accueillirent cette nouvelle avec de bruyantes ma-nifestations de joie. Elles furent réprimées avec autant d’ostenta-tion que de sévérité, avec plus de préjudice que d’avantage parle gouvernement bernois, qui eut la maladresse de blesser au vifle sentiment national des Vaudois.
Le 10 Août 1792, que nous avons déjà apprécié ailleurs, mitdans tout leur jour les affreuses conséquences du service étranger,en plaçant de braves troupes dans la cruelle alternative de violerleur serment de fidélité, ou d'égorger un peuple libre. L’absolu-tisme avait su donner à la première obligation un caractère si sa-cré que les Suisses, au service du roi, n’hésitèrent pas à lui sacri-fier les lois les plus saintes de la fraternité des peuples. Iis furentles victimes de ce dévoûment, qui peut avoir son beau côté, maisbien affligeant pour l’humanité. Le massacre de leurs frères exas-péra nos milices, qui garnissaient la frontière de Bâle, et les au-torités de cette ville eurent toutes les peines du monde à les empê-cher d’exercer de sanglantes représailles sur les militaires français,en particulier sur les gardes nationaux 1 .
Barthélémy, successeur de Vergennes, insista sur le renvoi desémigrés, et force fut au gouvernement de.Fribourg de rendredeux décrets d’expulsion, le 16 Juin et le 1 er Juillet 1796, n’ex-ceptant que les vieillards, les femmes et les enfants. Ces ordresfurent réitérés l’année suivante.
La lettre par laquelle Zurich manda, sous date du 21 Décembre1796, que, sur la demande du gouvernement fiançais, il ne fallaitplus donner à l’ambassadeur de cette république d’autre titre que
1 Tillier.