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Troisième partie.
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TROISIÈME PARTIE.

Suisse; car elle prévint la guerre civile sur les bords du lac de Zu-rich, comme sur ceux du lac Léman. Si cette intervention devintoppressive, la faute en est à ceux qui résistèrent à la révolution,ou qui ne lui firent que des concessions illusoires et tardives.

Le système de neutralité avait certes son bon côté, mais n’é-tait guères maintenu intact, et les atteintes indirectes qu’y portaitla Suisse elle-même pouvaient justifier l’agression française. Lepublic officiel, ainsi que le public dévot, s’étaient ouvertement pro-noncés en Suisse contre la révolution. Plus d’une voix se permit,dans les Grands Conseils, d’insulter le gouvernement, qui en étaitissu en France. La Suisse était remplie d’ageuts soldés par la réac-tion et inondée de pamphlets réactionnaires, dont elle tolérait lacirculation. Elle traitait les émigrés français avec une prédilectionmarquée et sanctionnait par son attitude la conduite de ses mercé-naires, dans la journée du 10 Août. Et cependant le tout-puissantvoisin ne rompit pas le premier. Mais il prit sous sa protection lepeuple vaudois, dont il avait garanti l’ancienne constitution, en1565.

Les gouvernements sont souvent saisis de vertige à l’approchedes situations décisives. Berne et son représentant Wyss se per-mirent d’insolentes provocations. Les délégués du général Ménardfurent même reçus à coups de fusil, près de Thierens.

Malgré cela, la France continua à faire des propositions conci-liatrices, tendant à constituer tous les cantons en république indi-visible. Pour toute réponse, le général bernois d’Erlach annon-ça à l’adjudant Fressinet le commencement des hostilités pour le1 er Mars, à 10 heures. C’est ainsi que l’apparente neutralité de laSuisse fut violée par le tout-puissant esprit du temps. Elle repo-sait sur l’équilibre des Etats environnants. Cet équilibre était rompu.Plus étendus, plus compactes, forts de leurs armées permanentes,ils voyaient avec plaisir la Suisse décrépir et se débiliter dans sesinstitutions vicieuses et la convoitaient comme une proie, qui ne