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Troisième partie.
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CHAPITRE XII.

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pouvait plus leur échapper. Il ne fallait pour cela qu’un prétexte;la France le trouva dans l’attitude que prit la Suisse contre la ré-volution. Il lui importait de prévenir l’Autriche, sa rivale, et ellepouvait le faire sans grands efforts. Mais respectant encore dans laSuisse d’anciens souvenirs, la France ne la subjugua point. Ellese borna à lui donner une constitution analogue à la sienne. LesEtats confédérés la subirent l’un après l’autre, les uns spontané-ment, les autres par contrainte.

Nous sommes loin de considérer cette constitution comme uneœuvre parfaite. Mais on l’a beaucoup calomniée, et il importe demettre aussi une fois en relief tout ce qu’elle avait de bon.

La constitution unitaire renversait tou tes les barrières politiques quiavaient jusqu’ici séparé les cantons, et, les réunissant sous son égide,elle n’en faisait qu’un peuple de frères, depuis le lac de Constancejusqu’au Léman, depuis le Rhin jusqu'au Rhône. Les disparates n’é-taient plus qu’apparents; au fond, il y avait harmonie entre toutes lesparties de ce nouveau tout, uniformité de législation, d’administra-tion, de gouvernement. Il en résultait un aperçu plus facile del’ensemble, une réaction plus rapide et plus régulière du tout surles parties, de celles-ci sur le tout.

Le peuple choisit lui-même ses législateurs, ses administrateurset ses juges, et leur confie le choix des autres fonctionnaires et lesoin des affaires.

Des mesures sont ordonnées pour éviter la confusion dans lesassemblées électorales. La division des pouvoirs est établie en prin-cipe. L’un confectionne les lois, un second juge d’après elles, letroisième les fait exécuter.

Pour prévenir un abus de pouvoir, la constitution Gxait des as-semblées primaires périodiques, des séances publiques. Elleconsacrait la publicité des délibérations, le droit de pétition, la li-berté de la presse dans certaines limites. Au corps législatif la sa-