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Troisième partie.
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CHAPITRE XII. 383

lage et l’entretien des troupes lui en ont coûté le double 1. U nereste plus aux habitants que la vie et la misère. »

» On affecte de vouloir considérer le canton de Fribourg commeun pays conquis. Et cependant, plus de deux tiers étaient déjà réu-nis au Léman avant la prise de la capitale. Le reste n’a fait aucunerésistance. Le Directoire français, le général Brune, son représen-tant, nous ont promis solennellement que nous ne serions ni con-quis, ni envahis; que les Français seraient nos frères, nos amis,nos libérateurs. »

» Nos anciens gouvernements ne sauraient être assimilés à des roisou à des princes, dans les domaines desquels on saisit les caisses, lesmagasins, etc. Ils n’étaient qu’une émanation bien qu’abusive dupeuple. Celui-ci restait toujours le seul souverain, et ce ne peutêtre lui que la grande nation a l’intention de dépouiller 2 . »

La protection de la nation libératrice écrasait ainsi la Suissesans miséricorde, et le pauvre canton de Fribourg en particulier.Jamais encore affranchissement n’avait coûté plus cher : nulconquérant n’eût pu traiter plus durement un peuple conquis, quela France ne traitait notre canton, qui, loin de la combattre, l’a-vait, pour ainsi dire, appelée. Les ennemis de la révolution l’accu-saient naturellement de tous ces maux, et cette situation, devenueintolérable, faisait presque regretter l’ancien régime par ceux-làmême qui en avaient provoqué la chute. Grande et triste leçon pourtout peuple, qui ne sait trouver en lui-même assez de puissancepour s’affranchir sans le secours d’un autre.

La lettre du 15 Juin au ministre de l’intérieur emploie des cou-leurs plus sombres encore.

1 On pouvait ajouter 100,000 liv. pour contribution de guerre ; contribution augénéral I’igeon, 300,000; contribution de 200,000 sur les oligarques, à compte delaquelle on avait déjà payé 238,000 livres. Cette dernière contribution ne ruinaitl'as seulement les oligarques , mais encore le commerçant, l’artisan et le laboureurgui en souffraient par la stagnation des capitaux , la sortie de tout le numéraire et lacessation de toutes dépenses. — 2 Protocole de la chambre administrative.