384 TROISIÈME PARTIE.
Le Directoire ne pouvait répondre que par des vœux sympa-thiques et de stériles condoléances. « Nous joignons, dit-il, nos» sollicitations aux vôtres. Votre douleur est celle du Directoire,» et s’il peut obtenir quelque soulageaient pour vous, c’est lui—b même qu’il aura soulagé. * »
Les Rapinat 2 , Rouhière et autres agents français n’étaient pasles seuls qui opprimassent le pays. Il se trouva parmi ses propresenfants des citoyens indignes de ce nom, qui profilèrent de ses dé-sastres pour s’enrichir. Les protocoles font spécialement mention,sous ce rapport, des frères Duc et de Schreiber, fournisseurs del’armée française. François Duc racheta plus tard, par d’hono-rables preuves de vrai civisme, tout ce qui avait pu être répréhen-sible dans ses spéculations commerciales.
On a vu que, dès le 23 Mars, le gouvernement provisoire avaitrappelé les proscrits par le patricial; mais, comme l’observe lalettre du Conseil administratif à Laharpe, sous date du 2 Mai 1798,tous n’étaient pas intéressants, ni exempts d'exagération.
L’un d’eux, le physicien Kolly, fut placé à l’hôpital, pour aiderle citoyen Heiny, médecin de cet établissement, à soigner les nom-breux malades de cette époque. Plus tard, on lui donna la placede concierge à la maison-de-ville.
Une partie de la garnison était casernée au couvent des Ursu-lines. Mécontents de n’être pas logés chez les bourgeois, les soldatsmirent le feu à ce beau bâtiment, qui fut consumé de fond encomble, non sans grand danger pour le voisinage. Le dommage,causé par cet incendie, qui eut lieu le 8 Mai, fut évalué à 20,000êcus. Pour le réparer, on démolit l’arsenal , fardeau pesant inu-tilement sur le globe, dit la lettre au ministre des sciences, et
1 Lettre du 4 Mai 1798. — 2 On fit sur ce général le quatrain suivant :
La pauvre Suisse qu’on ruine,
Voudrait qu’on décidât,
Si Rapinat vient de rapine,
Ou rapine de Rapiuat.