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TROISIÈME PARTIE.
L’éducation publique dans le canton de Fribourg, vers la fin dusiècle passé, était dans l’état le plus déplorable. Des instituteurssans ressources, sans considération, sans instruction et souventsans mœurs, des écoles sans matériel, des locaux défectueuxet insuffisants, la surveillance nulle, une indifférence généralepour l’instruction, tel est le champ inculte où s’enracinaient, commel’ivraie, des préjugés, qui se propagent encore à l’heure qu’il est.Sur dix habitants , à peine un seul savait-il lire et écrire. Dansla commune de Fribourg, qui comptait alors passé 5,000 âmes,à peine 100 enfants fréquentaient l’école primaire des garçons 1 .
En revanche, force prêches, exhortations et enseignement dedoctrines ultramontaines, mystiques, intolérantes, où la moraleavait plus à perdre qu’à gagner. Aussi la croyance aux revenants,aux sorcières, aux miracles de tout genre, aux apparitions, audiable était-elle généralement répandue. Tout hérétique passait,aux yeux d’un Fribourgeois, pour un damné.
Ni commerce, ni industrie, l’agriculture languissante. Au col-lège on enseignait la physique de Noilet et de Walser, un abrégédes quatre monarchies, la métaphysique de Horwalh et la rhéto-rique d’Alvaréz; Quinte-Curce y était préféré à Tacite, Pontanuset Sautel à Ovide, le latin et le grec aux langues vivantes, l’his-toire des empereurs romains à celle du pays, la religion de Loyolaà celle de Jésus. Le catéchisme devait être appris par cœur, motpour mot, d’abord en français, puis en latin, depuis les Principesjusqu’en seconde rhétorique inclusivement. Telle était l’édueationque le patriciat et le clergé donnaient au peuple fribourgeois,depuis l’introduction des jésuites. En 1797, le collège comptait130 élèves.
Installé dès le 7 Janvier 1799, le Conseil d’éducation présenta,pour se compléter, la liste suivante : Genoud, l’aîné, prêtre et pro-
1 Protocole du Conseil d’éducation. Rapport du 5 Mai 1799 , par le chanoineZillwèger.