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Troisième partie.
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TROIS1ÈMB PARTIE.

ce corps différemment, vu l’extrême pénurie, voire même l’ab-sence totale de capacités littéraires parmi les hommes du peuple.Aussi tous les commissaires cantonaux durent-ils être choisis par-mi les curés élevés dans les séminaires ultramontains : nécessitéfatale, qui paralysa l’essor de la révolution et retint le peuple dansles langes de la théocratie.

Nous avons raconté avec assez de détails l’histoire du premierConseil d’éducation, ses tendances progressives, sa lutte immor-telle contre la réaction, lutte signalée à chaque page de son pro-tocole 1 et où la victoire, longtemps disputée, se décida enfin enfaveur de ses adversaires.

Dans les premiers jours de Mars, le citoyen Blanc, membre dela chambre administrative, fut subitement arrêté par ordre du Di-rectoire exécutif, et ses papiers furent mis sous scellé. Personne neput deviner le sujet de cette arrestation. La chambre était mêmeconvaincue de l’innocence du prévenu, comme l’atteste la lettredu 18 Mars, par laquelle elle demandait au Directoire l’autorisa-tion de communiquer avec le prisonnier. En attendant, elle nommaà celui-ci un suppléant, dans la personne du citoyen Jean Berguin 2 ,et, pour présider le Conseil de santé, le citoyen Chaney.

Sur ces entrefaites s’accomplit dans les petits cantons un for-fait inouï de fanatisme atroce, plus digne de figurer dans les an-nales d’un peuple sauvage que dans celles de la Suisse. Nous vou-lons parler de l’incendie d’Altorf. Ce bourg ayant acquis une cer-taine aisance par l’industrie , les campagnards voisins en conçurentde la jalousie et du dépit. Les prêtres y virent déjà les fruitsodieux du libéralisme et ne rougirent pas, dit Tillier 3 , de com-parer ce bien-être aux vices et voluptés de Sodome etGomorrhe.Ainsi encouragés, les campagnards mirent le feu à cette bourgade,qui les nourrissait en grande partie.

1 Histoire de l’instruction primaire dans te canton de Fribourg. — 2 Manual dela chambre administrative. — 3 Tillier, histoire de la république helvétique, loin. 1.,pag. 283. Nous citons de préférence cet auteur, parce qu’en qualité de patricien , iloffre plus de garantie aux lecteurs , qui ne partagent pas nos opinions politiques.