CIIAPITIIE XIII.
439
n’accepter aucune place sous le régime d’alors. Aussi GuiJi et Brü-nisholz refusèrent leur nomination.
La nouvelle municipalité avait adressé au citoyen Hartmann, ex-officier municipal, la lettre suivante :
« Fribourg, ce 10 Décembre 1802. »
» Citoyen ! »
» Informés que c’est par vos ordres que l’arbre de la liberté a» disparu dans notre commune, lors de l’irruption des hordes in-» surgées; que cet acte inconstitutionnel a privé nos concitoyens» du signe qui doit leur rappeler notre heureuse régénération et« du gage qui assure notre indépendance, nous vous invitons à le» faire rétablir dès le plus bref délai, vous laissant toutefois le bé-» néfice de recours contre ceux qui peuvent vous avoir ordonné sa» destruction. Salut républicain. »
» Signé : Lottas , Président. »
Jean Montenach fit une réponse ridicule, mais pleine de Gel.
La municipalité répliqua par une lettre datée du 1 er Janvier 1803et signée Pétronini, président. On y remarque le passage suivant :
« Dans notre bonhomie, nous avons cru que cet emblème» (l’arbre de la liberté) ne pouvait offusquer les yeux que de cer-» tains Dom Quichotte incurables , qui, pour le seul plaisir de» donner, pendant 24 heures, le spectacle d’un Petit et Grand» Conseil, espionnaient, allaient, revenaient, couraient les cam-» pagnes, y égaraient l’esprit public, y soudoyaient le fanatisme» et la crédulité, sortaient périodiquement de la ville pour parler» à nos ennemis de nouveaux moyeus de l’attaquer : véritables» Protliées de la fable, tantôt patriotes exaltés, tantôt aristocrates» furibonds, ils se feraient turcs, si l’intérêt ou la vengeance y» trouvaient leur compte. »
Qui eût cru que Jean Montenach, alors réactionnaire si exalté,