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II.
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LE RHIN .

Quatre oiseaux perchés dans ce chêne y jasaient à quimieux mieux; cétaient un geai, un merle, une pie et uncorbeau. Pécopin y fit à peine attention, non plus quà unpigeon qui roucoulait dans un colombier, et à une poulequi gloussait dans la basse-cour. Il ne songeait quà Baul-dour, et il se hâtait.

Le soleil étant sur lhorizon, les valets de conciergerievenaient de baisser le pont-levis. Au moment Pécopinentra sous la porte, il entendit derrière lui un éclat derire qui semblait venir de très loin, quoique parfaitementdistinct et fort prolongé. Il regarda partout au dehors etne vit personne. Cétait le diable qui riait dans sa caverne.

Il y avait sous la voûte un réservoir deau que lombreet la réverbération changeaient en miroir. Le chevaliersy pencha. Après les fatigues de ce long voyage, qui luiavait à peine laissé sur le corps quelques haillons, surtoutaprès les secousses de cette nuit de chasse surnaturelle,il sattendait à avoir effroi de lui-méme. Pas du tout. Était-cevertu du talisman que lui avait donné la sultane, était-celeffet de lélixir que le diable lui avait fait boire, il étaitplus charmant, plus frais, plus jeune et plus reposé quejamais. Ce qui létonna surtout, ce fut de se voir couvertde vêtements tout neufs et très magnifiques. Les idéesétaient tellement brouillées dans son cerveau quil ne putse rappeler à quel instant de la nuit on lavait équipé dela sorte. 11 était fort beau ainsi. Il avait lhabit dun princeet lair dun génie.

Tandis quil se mirait, un peu surpris, mais fort satis-fait et se trouvant à son goût, il entendit un second éclatde rire plus joyeux encore que le premier. Il se retourna etne vit personne. Cétait le diable qui riait dans sa caverne.

Il traversa la cour dhonneur. Les hommes darmes sepenchèrent aux créneaux des murailles; aucun ne lereconnut, et il n'en reconnut aucun. Les servantes à juponscourts qui battaient le linge au bord des lavoirs se retour-nèrent; aucune ne le reconnut, et il nen reconnut au-cune. Mais il avait si bonne figure, quon le laissa passer.Grande mine suppose grand nom.

Il savait son chemin et se dirigea vers la petite tourelle-escalier qui conduisait à la chambre de Bauldour. Tout en