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Quatre oiseaux perchés dans ce chêne y jasaient à quimieux mieux; c’étaient un geai, un merle, une pie et uncorbeau. Pécopin y fit à peine attention, non plus qu’à unpigeon qui roucoulait dans un colombier, et à une poulequi gloussait dans la basse-cour. Il ne songeait qu’à Baul-dour, et il se hâtait.
Le soleil étant sur l’horizon, les valets de conciergerievenaient de baisser le pont-levis. Au moment où Pécopinentra sous la porte, il entendit derrière lui un éclat derire qui semblait venir de très loin, quoique parfaitementdistinct et fort prolongé. Il regarda partout au dehors etne vit personne. C’était le diable qui riait dans sa caverne.
Il y avait sous la voûte un réservoir d’eau que l’ombreet la réverbération changeaient en miroir. Le chevaliers’y pencha. Après les fatigues de ce long voyage, qui luiavait à peine laissé sur le corps quelques haillons, surtoutaprès les secousses de cette nuit de chasse surnaturelle,il s’attendait à avoir effroi de lui-méme. Pas du tout. Était-cevertu du talisman que lui avait donné la sultane, était-cel’effet de l’élixir que le diable lui avait fait boire, il étaitplus charmant, plus frais, plus jeune et plus reposé quejamais. Ce qui l’étonna surtout, ce fut de se voir couvertde vêtements tout neufs et très magnifiques. Les idéesétaient tellement brouillées dans son cerveau qu’il ne putse rappeler à quel instant de la nuit on l’avait équipé dela sorte. 11 était fort beau ainsi. Il avait l’habit d’un princeet l’air d’un génie.
Tandis qu’il se mirait, un peu surpris, mais fort satis-fait et se trouvant à son goût, il entendit un second éclatde rire plus joyeux encore que le premier. Il se retourna etne vit personne. C’était le diable qui riait dans sa caverne.
Il traversa la cour d’honneur. Les hommes d’armes sepenchèrent aux créneaux des murailles; aucun ne lereconnut, et il n'en reconnut aucun. Les servantes à juponscourts qui battaient le linge au bord des lavoirs se retour-nèrent; aucune ne le reconnut, et il n’en reconnut au-cune. Mais il avait si bonne figure, qu’on le laissa passer.Grande mine suppose grand nom.
Il savait son chemin et se dirigea vers la petite tourelle-escalier qui conduisait à la chambre de Bauldour. Tout en