Band 
II.
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BINGIÏN.

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jeune fille, chanter ce couplet sur un air lent, plaintifet triste :

Plas mi cavalier frances,

E la dona catalana,

E lonraz del ginoes,

E la court de castelana,

Lou cantaz provenzales,

E la danza trevisana,

E lou corps aragones,

La mans a kara dangles,

E lou donzel de Toscana.

Jai reconnu les joyeux vers de Frédéric Barberousse ,et je ne saurais vous dire quel effet ma fait, dans cetteruine romaine métamorphosée en villa de notaire, aumilieu de lobscurité, à la lueur de cette chandelle, à deuxcents toises de la Tour des Rats changée en serrurerie, àquatre pas de lhôtel Victoria, à dix pas dun bateau àvapeur omnibus, cette poésie dempereur devenue poésiepopulaire, ce chant de chevalier devenu chanson dejeunefille, ces rimes romanes accentuées par une bouche alle-mande, cette gaîté du temps passé transformée en mélan-colie, ce vif rayon des croisades perçant lombre dà pré-sent et jetant brusquement sa lumière jusquà moi, pauvrerêveur effaré.

Au reste, puisque je vous parle ici des musiques quilmest arrivé dentendre sur les bords du Rhin , pourquoine vous dirais-je pas quà Braubach , au moment notredampschiff stationnait devant le port pour le débarque-ment des voyageurs, des étudiants, assis sur le tronc dunsapin détaché de quelque radeau de la Murg , chantaienten chœur, avec des paroles allemandes, cet admirable airde Quasimodo, qui est une des beautés les plus vives et lesplus originales de lopéra de M Ue Bertin? Lavenir, nendoutez pas, mon ami, remettra à sa place ce sévère etremarquable opéra, déchiré à son apparition avec tantde violence, et proscrit avec tant dinjustice. Le public,trop souvent abusé par les tumultes haineux qui se fontautour de toutes les grandes œuvres, voudra enfin reviserle jugement passionné fulminé unanimement parles partis