EN FRANCE.
SI
blir que là où se trouvait de la grande ou de la moyenneculture, et si elle a bien réussi dans les régions mon-tagneuses , c’est grâce à ces montagnes qui offraientaux troupeaux, pendant cinq mois d’été, un parcoursdont la finesse et le climat convenaient de tous pointsaux mérinos. Car cette industrie exigeait pour pre-mière condition que le troupeau où l’on introduisaitdes béliers fins fût assez considérable pour que leursproduits pussent dédommager du prix de leur achat,et pour seconde que le nombre de têtes de ce mêmetroupeau fut tel qu’il pût couvrir les frais du bergerauquel on en confiait le soin.
Or, ce berger devait être à la fois expérimenté etcapable. Le troupeau qu’il avait en garde devait donccompter environ 200 têtes pour que les frais du per-sonnel ne dépassassentpas 3 fr. par tête de mouton. Cequi suppose la disposition d’un parcours d’au moins40 ou 50 hectares, non compris les aliments d’hiver.
Beaucoup de propriétaires ont, sans doute, essayéd’établir des troupeaux fins dans des provinces plusdistantes de la capitale; mais ces troupeaux y sontrestés pour la plupart isolés les uns des autres; ils nese sont pas emparés du pays pour y fonder une race,et ils ont éprouvé de grandes résistances pour s’ouvrir-des marchés, soit pour les laines , soit pour les ani-maux, parce qu’ils n’ont pas pu offrir des masses deproduits capables d’attirer des chalands. Ces trou-peaux placés de la sorte, dans des circonstances défa-vorables, loin d’exciter les cultivateurs du voisinage às’engager dans cette industrie, les en ont, au con-traire, éloignés.
Un grand nombre de petits propriétaires, alors que