A l’agriculture DE LA FRANCE. 133
planté d’un double ou triple rang d’ormes ou de hêtresgigantesques ; un abîme de boue fait une fondrière dechacune des ruelles par lesquelles on arrive aux chau-mières qu’habitent les cultivateurs picards ou nor-mands. Ces chaumières sont d’ailleurs spacieuses, enraison du domaine de leurs possesseurs ; mais le sys-tème de la réunion des habitations sur un seul point duterritoire de la commune se retrouve encore ici commedans les villages de l’Ile de France. Disposition fa-tale à l’agriculture^ en ce qu’elle éloigne forcément lecultivateur de ses terres. On doit principalement l’at-tribuer aux dispositions naturelles d’un caractèrepour qui l’échange des relations et les communica-tions sociales sont un indéfinissable besoin.
Division rurale de la première région .
Le département du Nord occupe la frontière sep-tentrionale de cette région. M. Cordier a si complète-ment exploré l’agriculture de ce département dansle compte-rendu qu’il en a publié, que nous n’oserionsnous en occuper ici, si ce n’était pour mentionner cedépartement-modèle dans la revue que nous sommesappelé maintenant à faire de l’état rural de la régiondont il fait partie. Le département du Nord appartientpresque en totalité à la moyenne culture, c’est-à-direqu’il yapeu de fermes qui occupent au-delà d’une char-rue, et qu’il n’y a guère de petite culture que celle desparcelles voisines des villages. Les fermes s’y louent àrentes fixes, mais le très grand nombre d’entre ellesse composent de locations parcellaires faites à descultivateurs ayant un domicile et quelques propriétés