136 AMÉLIORATIONS RURALES APPLICABLES
ture pastorale. Mais au-delà de ces terres basses etsur le penchant des collines qui s’interposent entreelles, les terres arables y sont soumises à la culturetriennale, à laquelle s’ajoute depuis un certain tempsquelque peu de trèlle et de pommes de terre.
C’est donc avec quelque raison que nous avons ditque, loin de servir à l’amélioration de l’agriculture duroyaume, ces fertiles herbages lui étaient au contrairenuisibles, en ce que, offrant aux cultivateurs une sortede repos continuels nese liaient en rien ausystème agri-cole et ne lui restituaient aucun engrais, tandis qu’enfournissant ainsi, en dehors de ce système, un im-mense approvisionnement de bœufs engraissés, cesherbages enlevaient cette industrie à l’agriculturearable, avec le bénéfice des engrais qu’elle en auraitreçus. Il est d’ailleurs conforme à la nature des cho-ses que là où les herbages attirent l’intérêt général àtitre de culture dominante, celle des terres arables nesoit que secondaire et, par conséquent, délaissée.
Il s’élève beaucoup de chevaux dans ces contréesherbagères, parce que la culture arable s’y exécutepar des juments, dont les provenances servent à met-tre dans les pâturages le 10 p. 100 des chevaux qu’onentremêle avec les bêtes à cornes. Ce que le pays nefournit pas pour compléter cette proportion y estamené du dehors, tant de la Bretagne que de la Belgi-que et de l’Allemagne. La contrée est si favorable àl’éducation de l’espèce chevaline, qu’il suffit à unpoulain étranger d’y avoir passé deux ans pour queses formes primitives se perdent, en partie et qu’ellesse rapprochent de celles qui, depuis un nombre desiècles, distinguent les races normandes.