A L’AGRICÜLTUltE DE LA FRANCE.
13?
Au midi de cette contrée , dans l’espace occupépar le département de la Sarthe et par une portion deceux de la Mayenne et de l’Orne, se trouve un paysplus entrecoupé par les plis qu’y forme le terrain.Moins fertile, mais plus travaillé, ce pays est essentiel-lement adonné à l’éducation des chevaux, car les her-bages de ses vallons n’ont ni assez d’étendue, ni assezde fécondité pour suffire à l’engraissement des bœufs.C’est aussi là que s’élève la race percheronne, aveclaquelle on pourvoit aux nombreux services qu’exigela multitude de diligences et les moyens de transportmis en mouvement par l’activité croissante des popu-lations. Les herbages naturels seraient loin de suffireà l’alimentation de cette élève ; on achève d’y pour-voir par la culture du trèfle, qui n’est poussée aussiloin nulle part dans le royaume, si ce n’est dans le dé-partement du Nord. Le sainfoin remplace le trèfle làoù le sol est trop aride ou trop pierreux pour lui. Maisce qui, dans cette contrée, ajoute beaucoup aux moyensd’entretenir l’espèce chevaline, c’est l’usage d’y cul-tiver de la vesce d’hiver mêlée avec le seigle néces-saire pour lui servir de ramure. Cette production,dont l’abondance est extrême, fournit le vert du prin-temps, ou se fauche un peu plus tard en fourrage sec,ou même, lorsqu’elle atteint à sa maturité, se récoltepour être mise avec son grain dans le râtelier deschevaux.
Cette contrée est pourvue d’enclos, elle est ainsid’un aspect boisé, sans être forestière. Ces enclos sontgarnis de pommiers, les villages sont ombragés pardes vergers, et les enfoncements du sol, par où s’é-coulent les ruisseaux, offrent de riches tapis de gazon.