140 AMÉLIORATIONS RURALES APPLICABLES
Miis aujourd’hui les prix ayant trompé leurs espé-rances, on les voit chercher de toutes parts les moyensde faire de l’argent avec autre chose qu’avec du Ldé.C’est ainsi qu’on a créé les mérinos, et par une consé-quence nécessaire multiplié les prairies artificielles,c’est ainsi qu’on élève des fabriques de sucre indigène,qu’on établit des vacheries, qu’on engraisse des bes-tiaux en dépit de la concurrence des herbages, qu’onplante aujourd’hui des mûriers multicaules, dans l’es-poir qu’en dérobant ainsi de la surface aux céréales,on en fera remonter le prix au niveau de ce qu’il de-vrait être dans la proportion générale du prix des di-vers produits.
Le sol de la région du nord consiste généralementen une argile grasse reposant sur un vaste banc decraie, interrompu par des veines de marne, dont laprésence caractérise les points les plus fertiles decette région. Son climat participe de la douceur et del’égalité que la communication libre avec l’Océan im-prime aux contrées que baignent ses eaux, et dontl’Irlande reçoit plus qu’aucun autre pays la bénigneinfluence. En sorte qu’à l’aide de ces deux conditions,cette partie de la France est de nature à recevoirune collection très variée de productions ; car elle estégalement propre aux cultures céréales, herbagères,artificielles, forestières, légumineuses, textiles et ra-ciniennes. Moins brumeuse que l’Angleterre et peut-être plus fertile, cette région égale en superficie cellede l’Angleterre méridionale, où l’on a vu s’accomplirtant de miracles agricoles. Qu’on ne perde donc pasce fait de vue et qu’on apprécie tout l’avantage quepeut en retirer la France.