142 AMÉLIORATIONS RURALES APPLICABLES
sière du blé que ce troupeau convoite. Il ne suffit pasde voir une charrue traçant d’une allure pesante delongs sillons dont l’agronome peut admirer la régula-rité ; il n’y a point assez du spectacle des travauxexécutés à grande distance par les exploitations dela grande culture pour rendre la nature vivante. Cerésultat n’appartient qu’à une petite ou moyenne cul-ture, opérée par des familles nombreuses, au sein d’unpaysage entrecoupé de collines et de vallons où tousles bruits champêtres, jusqu’à celui du moulin, serépètent, pour apprendre qu’une population villa-geoise se meut et travaille pour l’espérance de l’anprochain, et peut placer ainsi dans l’avenir sa fortuneet sa sécurité.
Cette région d’ailleurs est largement pourvue desgrandes communications, mais elle manque plus quetoute autre des petites et même des moyennes routesdestinées à faciliter les opérations rurales et le trans-port des denrées. La nature du sol presque entière-ment dépourvu de bancs de galets ne fournit que desmatériaux fusibles et sans consistance; en sorte qu’ila fallu pour les fonder, en venir à paver les routes.Moyen trop coûteux pour être appliqué aux commu-nications vicinales et d’autant plus qu’il exclut lapossibilité de pourvoir à leurs réparations à l’aide deprestations en nature qui, de tous les modes, sont leplus convenable et le plus économique pour opérersur les chemins vicinaux. L’effroyable machine qu’onnomme charrette dans cette région achève d’ailleursde défoncer tous les chemins qu’elle parcourt dans lamauvaise saison; tandis qu’à son tour la présence de