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A ^AGRICULTURE DE LA FRANCE.
à engraisser celles des bêtes à laine qu’on n’avait pasvendues en automne. Lorsque cette prairie manquait,ou se trouvait insuffisante, on pourvoyait à ce déficitau moyen d’une luzernière prise aux dépens des terresarables.
Trois puissants chevaux de collier formaient l’atte-lage d’une charrue, et pouvaient suffire à la culture de60 hectares : c’était la charge d’un valet de charrue.Chaque printemps, le fermier achetait un lot de bêtesà laine, en raison de deux et demi à trois par hectare.Ces moutons, âgés de deux à trois ans, provenaient enmajeure partie des provinces situées au midi de laLoire, c’est-à-dire des pays d’ajoncs et de parcours;mais quelques femelles et quelques anténois se glis-saient toujours parmi les lots qu’achetaient ces fer-miers et nécessitaient un hivernage. Ce troupeau senourrissait gratuitement, ainsi que nous l’avons dit,sur les jachères et les chaumes ; et sa destination étaitde parquer sur les labours de la jachère. Ce parc en-graissait autant de superficie que le permettait la du-rée de la saison propice ; ce qu’il ne pouvait pas cou-vrir l’était par les fumiers de l’étable; et à mesure queces bêtes à laine avaient pris leur engraissement, ellesétaient vendues pour l’abattoir, en laissant un profitnet qu’on estimait à 3 fr. par tête.
Quelques vaches servaient à fournir le laitage de laferme, et des porcs venaient ajouter à l’amas de l’en-grais qui s’entassait au centre de la cour.
L’ordre des travaux était réglé sur ce système. Lesattelageslabouraient sans relâche, hormis le temps desrécoltes de longs sillons, où, dès les premiers beauxjours de mars, on venait semer l’avoine surla sole ou la