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Tome second.
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A L'AGRICULTURE DE LA i-RANCE. I 19

à ce cours, soit sur la spéculation que lui offraient scsgreniers, en y conservant ses céréales pour les mo-ments de cherté,

Telle était la marche que suivait dès un temps fortancien l’agriculture de l’Ile de France, de l’Orléanais,de la Picardie, et de toute la Haute-Normandie, lors-que l’introduction des pommes de terre, commencéeparla disette de 1788 et achevée par la famine de1817 , est venue apporter la première perturbation àce cours, sur lequel le génie agricole s’était commeendormi. On comprend qu’il a fallu faire une place àce tubercule, et on n’a pu la trouver qu’aux dépens dela jachère. A la vérité, cette place n’avait pas besoind’être bien vaste, et ne l’est pas même encore aujour-d’hui, parce que la culture de la pomme de terreest loin d’occuper, dans cette région, la superfi-cie qu’on lui consacre dans la région du nord-est,

c’est-à-dire en Lorraine, en Alsace et en Franche-

I

j Comté ; mais nous devons néanmoins la signaler commeayant fait une première brèche à l’unité du systèmetriennal.

A la suite des pommes de terre sont arrivés les mé-rinos, et les fermiers, dont les soins se bornaient àlaisser vaguer sur les chaumes leurs moutons de parc,se sont vus forcés à nourrir pendant l’année entière lestroupeaux fins, dont ils voulaient recueillir les laineset élever les agneaux. Dès lors, il leur a fallu créerdes fourrages d’hiver, et ils ont généralement donnéla préférence aux luzernes, précisément parce que cefourrage artificiel, en occupant le sol pendantplusieursannées, ne faisait qu’enlever au cours triennal la su-perficie qu’on voulait bien lui consacrer, en laissant ce