152 AMÉLIORATIONS RURALES APPLICABLES
déjà propriétaire, logé dans son propre domicile, oùvit une famille dont le domaine ne peut employertoutes les forces. Ces fermiers, consacrant leurs chô-mages à cultiver les fonds qu’ils prennent à bail, pourles ajouter à leur propre culture, peuvent, à condi-tions pareilles, en payer 8 ou 10 pour 100 de plus;tandis que le propriétaire bénéficie 2 pour 100 sur^entretien de bâtiments dont il n’a plus besoin.
Nous justifierons cette allégation par un fait quivient de nous arriver à nous-même. Une propriété quenous possédons en Bourgogne au bord de la Saône,est, dès longtemps, divisée entre dix-huit fermiersparcellaires. Les lots de trois d’entre ces fermiers ontune superficie de 50 à 60journaux; ils diminuent d’éten-due, jusqu’aux plus petits qui n’en ont que 10 ou 12.Appelé récemment à renouveler ces baux, nous avons,sur l’état des numéros suivis des communes où sontces propriétés, relevé les degrés de fertilité attribuésà chacun des numéros qui composaient ces lots, et af-fectant un prix à chacun de ces degrés, nous avonstrouvé que respectivement à ces prix et à la qualitédes numéros que chacun des fermiers cultive, lesplus gros lots ne payaient que 40 là où les plus petitspayaient 50. En sorte que, pour les ramener tous à cetaux, nous avons dû partager en trois les lots de 50 à60 journaux. Partage qui s’est opéré sans difficulté.
Il est donc évident qu’avec le système d’économiesociale, vers lequel la tendance du moment pousse laFrance, la division des grands fermages en plus petitsest dans l’intérêt du propriétaire, comme dans celuidu cultivateur. C’est une conclusion directement op-posée à celle que les économistes anglais avaient tirée