A l’agriculture DE LA FRANCE. 159
sorte qu’elle est beaucoup mieux disposée à donnerune bonne race laitière qu’à fournir des bœufs detravail vigoureux. Aussi ne lui en demande-t-on pas,et tout l’espace qu’elle occupe se cultive avec des che-vaux.
C’est pourquoi nous donnons ici le conseil aux cul-tivateurs qui, dans cette région, auraient le bon es-prit de suivre l’exemple donné par la ferme de Gri-gnon, d’atteler une partie au moins de leurs charruesavec des bœufs, et d’employer à cet effet ceux de larace rouge de l’Auvergne et du Limousin, commeétant beaucoup plus propres à ce service. Plus tard,sans doute, ils pourront employer leurs propres élè-ves ; mais jusqu’ici on n’en fait que pour les besoinsde la propagation; les taureaux, devenus trop âgés,étant opérés et engraissés pour l’abattoir.
Le produit des vaches, dans cette région, consistedans l’engraissement des veaux et la vente du beurre.Il se fabrique assez de ce dernier pour qu’on puisse enexporter en Angleterre, après en avoir approvisionnéParis et la nombreuse population de ses alentours. Lesurplus du laitage sert à fabriquer des fromages à pâtemolle, parmi lesquels ceux de Brie et de Neuchâtelsont les plus estimés. Il n’y a donc rien à changerdans les deux espèces chevaline et bovine qu’on nour-rit dans la grande région du nord ; car l’une et l’autrepossèdent des qualités que les croisements ne pour-raient qu’altérer. Mais il y a une amélioration con-stante que les cultivateurs peuvent opérer, et quitient à choisir parmi ces races les plus beaux indi-vidus pour étalons, et à nourrir avec une abondancetoujours croissante les produits qui en proviennent.