1 (JO AMÉLIORATIONS RURALES APPLICABLES
L’espèce la plus remarquable entre celles des ani-maux domestiques qu’on élève dans cette région estsans contredit celle des mérinos. Car en peu d’annéescette race a été presque à la fois importée d’Espagneet naturalisée sur son sol. Nous avons traité ailleursce qui caractérise cette race et nous n’avons plus ànous en occuper que sous le point de vue agricole.
C’est à son introduction que nous avons attribuéle mouvement qui s’est opéré depuis trente ans danscette belle partie du royaume ; car il est évident quec’est au prix élevé de consommation que les mérinosont donné aux fourrages, qu’on a dû la multiplicationdes prairies artificielles et l’extension de la cultureracinienne. Ces fourrages et ces racines ont procuréune augmentation d’engrais, laquelle à son tour a fa-cilité la reproduction de nouveaux fourrages et denouvelles racines.
La valeur des mérinos, excessive alors que leur petitnombre avait fait un monopole de leur débit, a sansdoute beaucoup baissé depuis que leur populations’est accrue dans une immense proportion; mais, endépit de cette baisse inévitable, la dotation faite àces provinces par cette introduction est encore im-mense, puisque, en laissant aux cultivateurs un égalprofit sur leur engraissement, elle leur a fait le cadeaude tout ce que vaut le surplus de leur lainage. Elle afait à l’agriculture un autre cadeau dont le bénéfice,pour être moins immédiat, n’en est pas moins impor-tant, en ce qu’elle a obligé les cultivateurs à transfor-mer leurs troupeaux de parc en troupeaux d’élèves,qu’ils sont par là même obligés de nourrir dans lesbergeries durant l’hiver. Changement qui leur a pro-