Band 
Tome second.
Seite
197
JPEG-Download
 

197

A l’aGRICL’LTI'RE DE LA FRANCE.

raient produire dans une certaine abondance sans yêtre fortement stimulés n’y sont travaillés qu’avecnégligence. Ce trait de l’agriculture de la France, déjàsignalé par Arthur Young, peu remarquable dans larégion du nord, l’est beaucoup dans celle-ci. Les ani-maux domestiques y sont chétifs, même en Alsace ; lesinstruments aratoires mesquins et hors d’état d’exé-cuter de grands travaux d’amélioration ; partout on yremarque que les propriétaires, aussi bien que les co-lons partiaires et les fermiers parcellaires, travaillentd’après une méthode qui a renfermé leur culture dansl’emploi de leurs forces personnelles et dans la pro-duction de récoltes destinées à se réaliser dans l’an-née.

C’est pourquoi on a choisi parmi les prairies artifi-cielles le trèfle préférablement à tout autre, parcequ’il n’occupe la terre qu’une seule saison, entre deuxrécoltes de céréales, et qu’il n’exige d’autres prépara-tions que celle donnée à la céréale à laquelle il suc-cède. Par une disposition particulière à la configura-tion de cette région, les prés n’y sont pas entremêlésavec la culture arable. La nature a placé ces prairiessur les vastes terrains qui bordent le cours des riviè-res, en sorte que les foins surabondent aux alentoursde ces rivières, au-delà même de la demande qu’enfait l’agriculture; aussi s’en vend-il en quantitépour l’approvisionnement des villes, des transportsdu commerce, et surtout de la cavalerie, dont plus dela moitié stationne dans cette région.

Cette espèce de prairies, d’ailleurs, échappe commeles herbages à l’action des améliorations qu’elles nereçoivent que par les inondations qui viennent pé-