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Tome second.
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208 AMÉLIORATIONS RURALES APPLICABLES

l’honneur de mener la carriole ou la patache du pro-priétaire. Après le labour, ces chevaux sont jetéspêle-mêle au parcours, où les juments reçoivent à vo-lonté l’étalon de la commune. Celui des propriétairesauquel ce hasard a produit plus de poulains qu’il n’ena besoin pour le renouvellement de son attelage, vendson superflu au voisin moins heureux que lui. Le prixd’un cheval de trois ans est de 120 fr. ; il est rarequ’il s’en forme dont la valeur monte jusqu’à 200 fr.,et beaucoup d’entre eux n’arrivent qu’au prix de 75à 80 fr.

Ces chevaux ont la tête grosse, l’encolure effilée, lecorps long, les côtes plates, les membres fluets, maisla hanche élevée et la queue bien attachée; ils ontbeaucoup de courage et leur service n’est pas mauvais;peut être que s’ils mangeaient de l’avoine ils repren-draient une vigueur qui leur manque : jusqu’ici l’usagede ce grain leur est inconnu.

Cependant, il faut reconnaître qu’à mesure quel’emploi du trèfle ou de la luzerne s’étend de proche enproche, l’espècechevalines’en ressent. Lescultivateursalors se procurent des étalons qu’on leur amène de laSuisse à l’âge de 15 ou 18 mois, à titre de poulains, eten acquittant le faible droit qui leur est imposé. Cesétalons, d’une race tout autrement étoffée, fournissentdeux montes avant d’être opérés, et leur influence,réunie à celle d’une meilleure nourriture, a produitdepuis vingt ans une amélioration sensible chez leschevaux appartenant aux communes où ce doubleusage s’est dès lors établi. Nous avons remarquéquelques produits qui pourraient déjà servir à l’ar-tillerie.