A L’AGRICULTURE DE LA FRANCE. 215
tandis qu’elle n’est encore qu’aux deux tiers pour lestaillis. Alors on s’occupera de semis et de plantationssur toutes les terres que leur humidité, leur sécheresseou leur aridité rend d’un travail peu productif. Onconsacrera aux bois des soins qu’on a, jusqu’ici, évitéde leur donner, et les besoins publics seront desservispar une superficie moindre que celle qui est nécessaireaujourd’hui. L’exemple de ce qui se passe en Angle-terre doit servir à nous apprendre quel sera l’avenirforestier de la France.
Le vignoble, si étendu dans cette région, n’a nulbesoin que l’agronomie vienne lui offrir des améliora-tions; car ses cultivateurs s’empressent à les lui pro-diguer. Non-seulement le travail constant des vigne-rons tend à augmenter cette étendue en transformantpartout des terres arables en vignobles, et surtout lesterres incultes et les broussailles qui tapissent lespentes des monts, mais les anciennes vignes même ontencore reçu des soins qui en ont changé l’aspect.
La plainte générale qu’on entend s’élever de toutesparts consiste à déplorer l’infériorité que ces améliora-tions ont imprimée à la qualité du vin, soit parce qu’unevégétation plus vigoureuse a noyé leur fumet, soitparce que les plants superlins ont été remplacés pard’autres dont le produit était plus abondant. En con-venant de la justice de ces plaintes, nous disons quece changement a suivi celui qui, depuis cinquante ans ?s’est opéré dans l’état social. Les consommateurs desvins supérieurs ont diminué en nombre et réduit leurconsommation au minimum possible; en revanche,les consommateurs de vins inférieurs ont augmenté de8 millions; et chacun des individus qui composent