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pas décidés à rendre au sol forestier, terres qui occu-pent un tiers de cette région, où les améliorations ru-rales trouvent un vaste champ. Car la culture y estaussi misérable que possible, par la double raison quele sol y est rebelle, et que ce n’est qu’à force d’y éco-nomiser les frais de culture qu’on parvient à en obte-nir quelque produit.
La vaine pâture, la paille et le peu de fourrage qu’onrécolte dans un carré de gazon nourrissent trois petitschevaux qui, après avoir donné le trait de charrueque demandent la jachère et le semis de l’avoine, sontoccupés au transport du bois ou du charbon des forêtsvoisines, et gagnent ainsi en industrie ce que ne pour-rait rendre leur travail agricole. Deux vaches et quel-ques moutons vivent chétivement sur les vaines pâ-tures et en absorbant le surplus de la paille que leschevaux n’ont pas consommé.
C’est à une aussi misérable agriculture qu’il s’agitd’apporter un système capable de la régénérer. Nousy serions très embarrassé, si les circonstances ne nousavaient mis à même de connaître l’histoire agricoled’une amélioration exécutée par un fermier voisin del’une de nos propriétés, sur un sol moins stérile, ilest vrai, que beaucoup d’entre ceux de cette région,mais qui néanmoins peut être assimilé à la moyennedes sols ingrats qu’elle contient. L’exemple valantmieux que les préceptes, nous croyons devoir tracerici en détail la marche et l’histoire de cette améliora-tion, faite sans bruit, et que nous tenons de M. Rous-seau, le fermier en question, que nous allons laisserparler.