Band 
Tome second.
Seite
218
JPEG-Download
 

2(8

AMÉLIORATIONS RURALES APPLICABLES

Améliorations exécutées par M. Rousseau , au Fresnois,arrondissement de Chdtillon-sur-Seine.

C’est en 1811 que je fus blessé en Espagne, nousdit M. Rousseau ; ma blessure s’est guérie, mais j’ensuis demeuré boiteux, comme vous le voyez, ce quim’a valu la croix de légionaire et une pension de400 fr. C’est avec cela que je suis revenu à Saulx-le-Duc, où mon père était cultivateur, et d’où j’étaisparti treize ans auparavant, conscrit, jeune et mar-chant droit.

J’étais né laboureur, et j’aimais lajterre, ce quin’arrive pas toujours. Aussi, en faisant la guerre, tanten Allemagne, qu’en Italie et en Espagne, j’avais tou-jours regardé les champs que nous traversions, leurculture, leurs productions et les charrues, qui les cul-tivaient. J’avais aussi examiné l’économie qu’on pra-tiquait dans- les maisons où nous avions logement, etbien m’en a pris, car cela ne m’a pas coûté de peines,et je n’ai pas eu d’autres moyens d’apprendre com-ment je devais procéder pour mener à bien les amé-liorations que'j’ai exécutées dans cette ferme.

Revenu ainsi boiteux dans mon village, avec macroix et ma pension, j’aurais pu, comme tant d’autres,y vivre sans rien faire; mais je ne suis ni joueur, nibuveur, ni flâneur, ni plaisant. Je me sentais de labonne volonté et du courage ; malheureusement je nepouvais pas beaucoup faire par moi-même, à cause dema blessure, et je me résolus à prendre l’état de fer-mier. Or, pour cela il me fallait deux choses : uneferme à prendre à bail et une femme à épouser, quivoulût bien de moi.