A L’AGRICULTURE DE LA FRANCE. 21 9
A force de chercher, je trouvai d’abord une femme;je ne veux pas en dire de bien, monsieur, parce quec’est la mienne, et qu’il ne convient pas de vanter cequi nous appartient. Puis cette ferme se trouva va-cante pour le terme de Noël 1812. Après l’avoir exa-minée et avoir retourné cent fois dansma’tête le partique je pourrais en tirer, après en avoir raisonné avecma future, car nous ne devions nous marier qu’aprèsprise de possession, j’en passai bail pour huit ans,moyennant la somme de 1,600 fr. pour les six pre-mières années et 1,800 pour les deux dernières.
Les propriétaires en étaient deux demoiselles Renaud, dont le père avait été avocat à Dijon, où habi-taient ces demoiselles. Ma femme, pour qui elles con-çurent de l’affection, obtint, de son côté, qu’ellesferaient réparer et blanchir le logement que nousdevions occuper. Nous pouvez juger d’ici, monsieur,de la consistance de cette propriété. La maison demaître, et maintenant de fermier', paraît avoir étéjadis un château, à en juger par son élévation, ayanttrois étages, y compris les greniers, qui sont trèsvastes. Nous en disposons, à l’exception de deuxchambres, que les dames propriétaires se sont réser-vées. Placée sur le point le plus élevé du domaine, lamaison est entourée d’un jardin en terrasse, clos demurs, qui contient environ 3/4 de journal, le journalde 34 ares. Au dehors du jardin, du côté gauche de lamaison, et au bas d’une escarpe soutenue par un grandmur d’appui, passe un ruisseau qui traverse le do-maine en le sillonnant par un vallon. Derrière la mai-son se trouve la grange et les étables; elles sont assezvastes, parce que la propriété possédait, avant la ré-