224 AMÉLIORATIONS RURALES APPLICABLES
La seconde de mes entreprises fut de plus longue ha-leine,et je fus obligé d’appeler mes deux journaliersàmon aide, car je ne me proposais rien moins que dedéfoncer à la bêche le jardin qui entourait la maison,ainsi que le meix, c’est-à-dire le terrain planté situéà l’opposite, formant entre eux une superficie de prèsde deux journaux.
Il y avait dans le meix des pruniers, quelques poi-riers et cerisiers; mais sur la terrasse ou jardin, il nese trouvait que quelques poiriers, autrefois taillés engobelets, mais qui s’étaient échappés et périssaient devétusté. Il me fut permis de les arracher ainsi que quel-ques vieilles charmilles. Mesdemoiselles Renaud con-sentirent à m’envoyer de chez un pépiniériste deDijon une douzaine et demie de beaux plants de pom-miers, à condition que je me chargerais des frais deleur plantation. Ces deux terrains avaient été jadisdéfoncés, et néanmoins, en recommençant ce travail,nous eûmes encore à extraire une quantité de feuilletsde roches plus ou moins épais. Ma femme avec saservante les transportait dans la cour, où je lischargeai pour les conduire sur les mauvais pas deschemins que j’avais à parcourir. Plus tard, étant,comme vous le verrez, encombré de ces matériaux,j’entrepris pour m’en débarrasser d’en enfermer lemeix par une muraille sèche, travail de longue haleineet que j'ai pourtant fini par accomplir. Celui du dé-foncement nous occupa tout l’hiver ; au mois de marsil fut terminé et je pus y planter mes pommiers.
Je destinais ces deux emplacements à me procurerun jardin pour mes légumes verts, à l’établissementduquel je consacrai un bon quart de journal, un autre