226 AMÉLIORATIONS RURALES APPLICABLES
Les 1,200 fr. que ma femme m’avait apportés étaientencore intacts; mais nous en avions mis de côté 800pour acquitter le premier terme du fermage échéantà la St.-Jean. Il nous en restait ainsi 400 dont nouspouvions disposer. J’avais 260 fr. d’économie sur montraitement, dont j’avais dépensé une centaine pourmon mariage, restait 160 fr. et 300 de semestre cou-rant, en tout 860 fr. J’avais de plus engraissé, avecdeux hectolitres de recoupe, une des vaches qui m’a-vaient été laissées, et qu’une des génisses devait rem-placer, et je l’avais vendue 103 fr. à la foire de Saulx-le-Duc; la recoupe m’en avait coûté 16, en sorte qu’ilm’en resta 87, ce qui portait mon avoir à 947 fr. Maisj’avais sur cette somme déboursé 18 fr. pour l’achatd’un jeune porc destiné à consommer le dessous delait et les résidus du ménage ; plus 4 hectolitres de bléet 2 de seigle qu’il m’avait fallu acheter pour complé-ter mon approvisionnement jusqu’à la moisson, les-quels m’avaient coûté 86 fr. J’avais dû acheter encore300 fagots que j’avais payés, pris dans le bois, 12 fr.le cent, soit 36 fr. Les journées que j’avais employées,la semence de chanvre et de pomme de terre, le sel etquelques autres menues dépenses m’avaient coûté en-semble 63 fr., soit en tout 193 fr., qu’il me fallaitdéfalquer des 947 que j’avais en caisse. C’est-à-direqu’il ne me restait à l’ouverture de la campagne que754 fr. disponibles pour pourvoir à tous les frais derécolte et de culture : ma femme pourvoyait d’ailleursau gage de la servante de basse-cour et aux menuesdépenses du ménage avec la vente du beurre, desveaux et des œufs que les poules commençaient àpondre. Mais jusqu’alors elle n’avait pu vendre que