A L’AGRICULTURE DE LA FRANCE. 231
bons provenant d’une coupe qu’il avait achetée dansles bois de M. de Courtivron.
Je sentais bien que ces transports, en occupant etfatigant mes attelages, nuiraient aux travaux agri-coles que j’avais en vue d’exccuter-, mais nécessitén’a pas de loi, et je traitai pour un voiturage dont leprix pouvait s’élever à 320 francs environ. J’avaisainsi assuré une rentrée de 440 fr. qui, ajoutés aux370 que j’avais en caisse, me permettaient d’atten-dre sans inquiétude le produit des récoltes. Aussitôtdonc que mes chevaux eurent terminé le défriche-ment de la jachère, je les partageai en deux attelages;car le chemin de la foret à la fonderie, allant toujoursen descendant, il n’était besoin que de deux chevauxpar charrette, et je commençai à travailler sans relâ-che à ces transports du milieu de mai à la Saint-Jeau,tandis que je cultivais les pommes de terre avec levalet que les transports n’employaient pas; aprèsquoi nous nous occupâmes à ramasser sur les cinqjournaux de la jachère, sur lesquels je me proposaisde semer du trèfle le printemps suivant, les plus grosdes feuillets calcaires que la charrue avait ramenés àla superficie. C’est une opération que j’ai poursuivielentement, mais sans relâche, et j’en ai éprouvé debons effets, là où surtout l’enlèvement des pierres s’estexécuté deux fois.
A l’époque de la tonte des brebis, le boucher au-quel j’avais vendu une vache engraissée à la foire deSaulx-le-Duc vint au Fresnois pour traiter des mou-tons que je voulais vendre et se charger de ma laine,car c’était un petit homme clairvoyant, actif, de bonconseil, et ardent à trafiquer de tout ce qui pouvait