232 AMÉLIORATIONS RURALES APPLICABLES
concerner son état. II m’a rendu beaucoup de servi-ces et j’aurai toujours de la reconnaissance pour lepetit curé, ainsi qu’on l’appelait, parce que l’inten-tion de son père avait été autrefois de le faire entrerdans les ordres.
Après avoir conclu notre marché, il examina monbélier mérinos, il me demanda si je voulais donnerdans les troupeaux lins, et sur mon affirmation, ilm’offrit de faire le troc de mes anténois et de mesagneaux mâles, contre des brebis métis de cinq et desix ans qu’on lui avait proposées. J’acceptai l’é-change et j’obtins neuf brebis, dont six étaient trèsbelles, contre mes jeunes mâles. Mon troupeau setrouva composé alors de vingt-sept brebis ou anté-noises, et de neuf agnelles, avec mon seul bélier mé-rinos, en tout trente-sept têtes. Mais comme le par-cours des bois et communaux leur était interdit, ellescouraient sur les chaumes et les jachères, ainsi quesur les seize ou dix-sept journaux demeurés en vainepâture. Pour les laisser disposer de ce parcours, j’aicontinué à envoyer mes bêtes à cornes dans les boiset sur les communaux, où sans doute elles ne profi-taient guère, mais parce que j’attachais plus d’im-portance à mes bêtes à laine, et qu’en définitive lepâturage communal ne me coûtant rien, ce que j’yprenais était autant de gagné.
J’arrêtai le voiturage des bois un peu avant la Saint-Jean, pour faire les foins et employer tous les inter-valles à donner un binage à la jachère, lequel fut eneffet terminé avant la récolte des avoines ; parce quej’attelai non-seulement mes quatre chevaux à la char-rue, mais encore le poulain de deux ans qu’il était