A l'agriculture DE LA FRANCE. 233
temps d’accoutumer au tirage. Je fis exécuter ce la-bour d’aval en amont, et par conséquent en croisantle premier, ce qui n’avait jamais eu lieu quoique laraideur de la pente ne fût pas telle que la charrue nemarchât en amont avec beaucoup plus de tirage sansdoute, mais sans efforts désordonnés. Par ce moyen,la terre du champ se trouva complètement remuée,parce que tous les sillons du premier labour furentrecoupés et pas un pouce du champ n’échappa à l’ac-tion du soc. J’attribue à ce fait la récolte supérieurequi s’en est suivie, et je n’ai dès lors jamais aban-donné ce procédé.
La coupe du foin me dédommagea amplement de mespeines, puisque, par l’effet de mon irrigation, j’ai ré-colté dix voitures de deux milliers pesants chacune.J’en fis mettre huit dans le fenil des chevaux et deuxsur la bergerie, ce qu’on n’avait jamais fait et ce qui,avec la feuillée des frênes dont les bords de l’Ignon,c’est ainsi que s’appelle le ruisseau, étaient ample-ment pourvus, compléta un approvisionnement d’hi-ver pour mes bêtes à laine, auxquelles je tenais d’au-tant plus que toutes mes naissances devaient produiredes métis.
Le foin était presque partout également touffu, etje pus remarquer les places qui avaient échappé aubénéfice de l’irrigation pour y faire arriver les eauxpar de nouvelles retenues dans les rigoles. Je les net-toyai de manière à ce que ces eaux pussent y courirlibrement dès que la récolte des foins serait enlevée,afin de faire prospérer le regain. Cet arrosement futtellement profitable que j’en récoltai quatre charre-tées que je plaçai sur le fenil des yaches. Mais tout en