A l’AGRICULTURE DE LA FRANCE. 235
semer des raves, dont je m’étais procuré la graine àAuxonne, et ainsi que je l’avais vu pratiquer sur lesbords du Rhin.
Mon espoir était, après en avoir récolté les plusbelles, de livrer le reste au parcours des vaches et desmoutons. J’envoyai ensuite mes charrettes achever letransport des charbons que j’avais entrepris jusqu’à lamaturité des avoines. La saison avait favorisé cetterécolte, et soit que les nouvelles semences que je m’é-tais procurées lussent de meilleure qualité, soit que cetravail, mieux exécuté, eût donné à l’avoine une plusforte végétation, j’en recueillis 153 hectolitres, que jedonnai de suite à battre à forfait à deux journaliersdu pays, ainsi qu’une partie de mon blé, nous en ré-servant de quoi m’occuper, moi et mes gens, dans lesjours de neige et de pluie. Je mis en réserve 25 hec-tolitres de cette avoine pour les semences de l’annéesuivante, car le trèfle, occupant cinq journaux decette sole, avait réduit à 25 la superficie destinée auxgrains de mars. J’en gardai 3 hectolitres pour lesdonnera mes chevaux dans les jours du grand travailet je vendis au prix de 7 fr. les 125 du surplus aumaître de poste de Thil-le-Châtel, ce qui produisit875 fr.
Sur les 83 hect. de blé que me produisit ma récoltej’en mis de même en réserve 35 pour semence, carla sole qui devait être ensemencée était la plus grandedes trois; plus 30 pour la consommation du ménage,en sorte qu’il n’en resta que 18 à vendre, lesquels, ilest vrai, montèrent à 24 fr., car le blé fut très chercette année, et j’encaissai 432 fr. Les grains me pro-duisirent donc en tout 1,307 fr. Les frais à prélever