238 AMÉLIORATIONS RURALES APPLICABLES
journaux de champs que j’en avais ensemencés, etavec celles qui avaient crû dans la chenevière, j’enramassai trois voitures dont je mis deux à la disposi-tion des vaches et la troisième à celle de la bergerie.11 en resta des petites en quantité dans le champ. J’ylis conduire les vaches, qui, en saisissant les largesfeuilles de la rave, en arrachaient quelques-unesqu’elles se hâtaient de manger, mais il leur en échap-pait une grande partie. En attendant, elles me pro-duisirent beaucoup de lait et de fumier durant ceparcours, qui dura pendant quinze jours à une heurechaquejour.
J’avais, par le conseil du petit curé, acheté troisvaches tarées dans le but de les engraisser. Elles par-tageaient l’aubaine de ce parcours et commencèrentà s’y remettre en chair. Je l’abandonnai ensuite auxmoutons, qui arrachèrent plus adroitement que lesvaches les raves qui étaient en terre, mais qui, dansles premiers jours en laissaient encore beaucoup. Peuà peu ils s’y accoutumèrent, et finirent par n’en laisserqu’un petit nombre en terre, lesquelles, en s’y putré-fiant, l’engraissaient d’autant.
Les feuilles étant tombées, je me hâtai d’en fairela récolte, et comme j’avais un peu plus de bétail quel’année précédente, puisque j’avais maintenant septvachesà lait, trois à l’engrais, dcuxgénisses, un chevalet un poulain de plus, je ramassai vingt charretées deces feuilles au lieu de quinze. J’essayai aussi de recou-rir chaque semaine la litière de la bergerie avec unecouche de sable que j’allai puiser dans une carrièrequ’on avait ouverte au bas de mes champs. L’effet enfut tel que je fus obligé devider trois fois dans l’année