240 AMÉLIORATIONS RURALES APPLICABLES
deux hectolitres de blé et cinq d’avoine. Je livraiune des vaches que j’avais à l’engrais qu’on estima90 francs. Je pris le foin sur le fenil de mes chevaux,pensant qu’ils auraient de bonne heure du trèfle auprintemps. On estima cette voiture à 8 quintaux mé-triques, et le quintal à 10 fr., soit 80 fr. L’avoine étaiten magasin, et je la pris sur celle que je destinais auxsemences ainsi qu’à mes chevaux ; on estima les5 hectolitres 40 fr. et à 56 les deux de blé, que jepris sur ma provision ; et si je n’avais pas eu quantité depommes de terre, nous aurions souffert de la disette;mais elles pourvurent à nos besoins, et nos gens s’encontentèrent, parce qu’on se prête à tout dans lesgrandes occasions.
Je reçus, pour totalité de ces réquisitions, desbons montant à 266 fr., que, d’après la loi, je devaisremettre pour argent comptant à mesdemoiselles Re-naud au terme de la Saint-Jean; mais le cœur mesaignait lorsque je dus aller remettre à ces bravesdemoiselles ces chiffons de papier au lieu de l’argentque j’avais mis de côté pour m’acquitter envers elleset qui restait dans mon escarcelle; en sorte qu’enréalité, et bien qu’on leur eût tenu compte de quel-que chose sur leurs impositions, j’étais le seul gagnantdans cette affaire, car le foin et l’avoine que j’avaisainsi v endus à haut prix étaient prélevés aux dépensde mes chevaux, et le blé avait été remplacé par despommes de terre.
Cela me chagrinait dans ma carriole en m’en al-lant à Dijon leur porter mon terme, et en me rendantchez elles, dans la ruede Berbisy, où elles demeuraient,il me vint une idée qui pouvait tout concilier. Jai dit