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son argent, à peu près sans risques. Cette économiea l’avantage encore qu’on la proportionne à volontéà son approvisionnement; puisqu’on est le maîtred’acheter plus ou moins de ce bétail taré, ou mêmede n’en pas acheter du tout, si l’année vous a laisséau dépourvu de provisions, le terme de l’engraisse-ment étant à peu près arrivé, le boucher venait voirle bétail, et semaine par semaine il en prenait une,laissant ainsi plus de temps pour s’engraisser à cellesdes vaches qui y avaient le moins de dispositions.Mon bénéfice a toujours été d’un peu au-dessus de40 fr. par tête, non compris le fumier gras que j’enobtenais, ce qui représentait la moyenne d’un hecto-litre et demi de blé sarrasin et cinq de pommes deterre, outre le mélange de paille et de regain qu’ellesconsommaient ; les raves étant toujours conservéespour les vaches laitières.
Toutefois, je dois dire que ces petites rentrées mevenaient fort à point, car les céréales ne m’avaientpas rendu beaucoup, et il fallait attendre longtempsla rentrée de la coupe de nos bois. Je regrettai pres-que de n’avoir pas continué à les transporter à forfaitpour le maître de forges de Yille-Comte, plutôt que defaire cet ouvrage pour moi-même, car, au moins, onen était payé comptant ; mais ce retard ne dura quequelques mois, et j’en fus à la fin dédommagé.
Peux travaux m’occupèrent encore pendant l’hi-ver de 1815. Je continuai le défoncement de la pâ-ture que j’avais commencé l’hiver précédent. Je melivrai courageusement à ce travail, et j’en terminai unjournal et demi ; je continuai à enclore la pièce avecles matériaux que nous retirions du défoncement. Cet