254 AMÉLIORATIONS RURALES APPLICABLESdomaine, j’avais vendu de plein saut les quinze char-retées de foin que je récoltais, me contentant de nour-rir, avec mon regain, des bêtes à laine et une vache,je serais aujourd’hui plus riche que je ne le suis. Maisce sont de mauvaises pensées que j’écarte autant queje le puis, car elles n’étaient ni conformes aux enga-gements que j’avais pris envers.les propriétaires, nià ce qu’un bon agriculteur se doit à lui-même non plusqu’à son pays.
Aussi m’a-t-il toujours paru, monsieur, qu’il yavait un contre-sens dans les bases de notre agricul-ture , en ce qu’il manquait de proportion entre lesprix respectifs des diverses denrées. Ainsi le foin et levin se paient trop cher, proportionnellement auxgrains et aux bois. Et cependant, un pré auquel on nefait que de minimes avances, et où l’on va faucherdeux fois l’an, est d’un produit tout autrement consi-dérable qu’une terre arable qu’il faut travailler sansrelâche, et où l’on ne peut faire que deux récoltes entrois ans.
Il faut croire que l’expérience et le temps rétabli-ront ces niveaux.
Les céréales de 1815 furent abondantes; je fis135 hectolitres de blé et 200 d’avoine ; il est vrai quemes terres avaient été mieux fumées, et que l’avoineoccupait un peu plus d’espace que les années précé-dentes. J’eus aussi beaucoup plus de paille. Cependantje n’engraissai que six vaches, dont une des miennes,parce que je voulais laisser plus de provisions aux va-ches laitières, alin que ma femme en profitât, car ellem’avait donné un garçon, et il était juste aussi queson ménage partageât le bien-être que mes améliora-